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Gelée noire - Lettre au Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Julien Denormandie

Montpellier, le 11 avril 2021

Monsieur le Ministre,

Nous avons fait le choix de nous regrouper pour ce courrier au-delà de toute conviction politique car la situation que vit notre pays est inédite dans le drame vécu par nos agriculteurs.

Alors même qu’ils subissaient la crise sanitaire, la gelée noire qui s’est abattue sur beaucoup de départements dans la nuit du 7 au 8 avril a semé la désolation et le désespoir.

Nous souhaitons vous affirmer notre détermination à travailler ensemble dans l’Hérault, dans le seul intérêt général.

Comme l’a souligné, le vendredi 9 avril, Monsieur Jacques WITKOWSKI, Préfet de l’Hérault, lors d’une réunion d’urgence avec les OPA 34, initiée par Jérôme DESPEY Président de la Chambre d’agriculture, nous devons « chasser en meute et ne pas nous précipiter », c’est-à-dire partager les enjeux avant d’annoncer les aides.

À la clef : ces aides doivent réellement être adaptées aux situations.

Nous pensons que l’urgence absolue est d’offrir en tout premier lieu un soutien psychologique aux agriculteurs. Nous avons tous rencontré des agriculteurs en pleurs, complètement abattus, car ils ont perdu pour la grande majorité plus de 80% de leur future récolte.

Il est donc nécessaire de déployer immédiatement des personnels qualifiés et formés à la détection de la détresse.

2 paysans se donnent la mort chaque jour en France. Et nous savons que souvent un aléa déclenche la goutte qui fait déborder le vase.

Ensuite, il faut se poser. Le temps de la collecte des données filière par filière, territoire par territoire, car les premières estimations seront malheureusement largement dépassées. Quelques jours de plus sont nécessaires pour savoir si les bourgeons qui n’ont pas été touchés vont survivre. D’autre part, d’autres gelées sont annoncées dans certains territoires.

La réponse économique doit être nationale, à travers un Plan national, filière par filière. En effet, il faut soutenir rapidement les maraîchers car les légumes ont été atteints et cela induit une perte de revenu immédiate.

Pour les fruits, la perte est décalée à cet été.

Quant à la viticulture, les incidences de trésorerie ne se feront sentir qu’à partir de 2022 ; puisque, comme vous le savez, les viticulteurs ne vendent leurs produits qu’à N+1.

Comme cela a été dit par la profession unanime, il faudra également s’attacher à accompagner les agriculteurs mais aussi leurs structures économiques -caves coopératives, caves particulières, CUMA...- et reconquérir les marchés car leur absence, faute de produits, va avoir des conséquences lourdes.

Enfin, la prévention des risques en agriculture doit dépasser l’étape des débats. Certains d’entre nous, ont initié des Propositions de loi, des propositions de résolution, des actions multiples, qui n’ont généré aucune mesure concrète.

Nous sommes forts d’expertise et pouvons agir à l’Assemblée Nationale, au Sénat et au Parlement Européen, une « force de frappe » essentielle pour réformer ce sujet primordial.

Appuyez-vous sur les Parlementaires. Nous sommes là aujourd’hui, pas pour inonder les réseaux sociaux de notre compassion envers les agriculteurs. Cela est primordial mais insuffisant. Ils attendent vraiment des actes forts, au-delà de mesures d’aides financières exceptionnelles.

Nous le savons tous, avec les changements climatiques, les aléas, très nombreux, -de la sécheresse aux inondations, en passant par la grêle et les gelées de printemps- se multiplient au fil des années. Des climatologues, que nous avons auditionnés dans nos différentes Assemblées, nous ont confirmés que ces événements exceptionnels seront courants d’ici peu.

Nous y sommes.

Il faut donc, au-delà de l’émotion et de l’urgence, agir également sur le long terme. Trop de temps a déjà été perdu sur le débat de l’assurance agricole. Les filières ont compris qu’elles perdraient face à ces catastrophes climatiques. Il est donc temps d’actionner des outils qui collent vraiment aux besoins. Le contrat socle n’y correspond absolument pas, le taux de pénétration extrêmement faible en est la preuve.

Monsieur le Ministre, nous vous savons fortement engagé et conscient des enjeux de notre agriculture.

Au-delà de l’indépendance alimentaire, au-delà de l’économie, il y a tous les enjeux de santé publique, de préservation de notre environnement, de nos

paysages, de l’aménagement des territoires et enfin la survie d’un métier ancestral.

Nous vous remercions des actions que vous allez initier.

Nous sommes à votre disposition pour agir en commun. Il est fondamental d’associer les Parlementaires en amont.

Nous vous vous prions d’agréer nos respectueuses salutations.

Henri CABANEL, Sénateur de l’Hérault

Hussein BOURGI, Sénateur de l’Hérault

Irène TOLLERET, Députée européenne

Emmanuelle MÉNARD, Députée de l’Hérault

Jean-François ELIAOU, Député de l’Hérault

Patrick VIGNAL, Députée de l'Hérault 

Christian BILHAC, Sénateur de l’Hérault

Jean-Pierre GRAND, Sénateur de l’Hérault

Coralie DUBOST, Députée de l’Hérault

Nicolas DÉMOULIN, Député de l’Hérault

Christophe EUZET, Député de l’Hérault


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